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Le fort des Hurons près du fort_Saint-Louis
Introduction
La localisation de la chapelle_Champlain est intimement liée au fort des Hurons situé près du fort_Saint-Louis.

Source: Plan de Jean_Bourdon (1663) Dumas, Silvio. La Chapelle_Champlain et Notre_Dame_de_Recouvrance, Québec 1958, Société Historique de Québec, Cahiers d'histoire No. 10. Planche 3
Au bas, sur le plan de Jean_Bourdon de 1663, on retrouve le fort des hurons contenant quelques bâtisses et, un peu vers l'ouest, la cabane en écorce occupée par Martin Boutet.

Sur ce plan de Jean_Bourdon de 1660, bien que la chapelle existe toujours, elle est étonnamment absente. Une interrogation se pose alors: la chapelle serait-elle intégrée au fort des Hurons?
La longue migration des Hurons-Wendats (de Midland, Ontario à Jeune-Lorette (Wendake).
Partenaires commerciaux privilégiés des français, les hurons-wendat (20,000 entre 1634 et 1650) sont les principaux fournisseurs de fourrures. Les deux parties ont également une alliance militaire contre les iroquois, leurs ennemis héréditaires. Afin de s'emparer de leur fleurissant commerce, les iroquois anéantissent les villages hurons et les missions jésuites au cours de la décennie 1640. Ainsi entre 1648 à 1653, devant cette guerre sans merci avec les iroquois, jumelée aux nombreuses épidémies, nous assistons à la destruction systématique de la Huronnie.
Les quelques 600 survivants ont fuit la mission Sainte-Marie et sont accueillis d'abord à la mission des Jésuites de Sillery (1650-1651) puis, au sud-ouest de l'île d'Orléans (1651-1656). Le 19 mars 1651, les Pères Jésuites louaient d'Eléonore de Grandmaison, une partie de sa seigneurie de l'île d'Orléans (1).
Ne se sentant pas encore assez en sécurité, ils se sont installés à Québec le 4 juillet 1656, sous la conduite des Jésuites et la protection des canons du fort Saint-Louis. Ce fort était constituée d'une palissade de pieux et avait comme dimension, 150 pieds par 200 pieds. En 1665, la population du fort s'établissait à 85 personnes. Asseline de Ronual, lors d'une visite à Québec en 1662, écrit:
" Un jésuite tous les matins va dans toutes ces cabanes quérir les sauvages et les conduit a la messe et le soir
il en faict de mesme pour les conduire au salut " (2)

On peut présumé que le fort des Hurons-Wendat à Québec ressemblait à la mission Sainte-Marie, Midland, Ontario. (Photo)
Source: www.hwdsb.on.ca/.../

Source: Niellon, Françoise, Pierre Nadon, Denis Faubert, La recherche sur la sépulture de Samuel de Champlain: un examen critique, Québec, Division du Vieux-Québec et du patrimoine, 1990, planche 15 (extrait)
Sur le plan de Jean_Bourdon de 1664, on retrouve le fort des Hurons avec une étrange échancrure. Une hypothèse sera présentée dans la conclusion.
En avril 1668, ils quittent définitivement la haute ville pour se réfugier à Beauport (1668-1669). Le fort est encore mentionné dans le Papier terrier de la Compagnie des Indes Occidentales en 1668 année probable de sa destruction.
Par la suite, les hurons s'installent à la Mission Notre-Dame de Foy (1669 -28 décembre 1673), sur la côte Saint-Michel, site actuel de l'Université Laval. C'est là qu'une chapelle fût construite sous le vocable de Notre-Dame-de-Foy. La population s'élevait alors à 210 personnes. Ensuite ils furent relocalisés au village de l'Ancienne-Lorette (1673-1697) et finalement ils s'installèrent à la Jeune-Lorette, aujourd'hui Wendake (de 1697 à nos jours).(3)

Sur le plan de Robert de Villeneuve de 1685, on constate que le fort n'existait plus, plusieurs lots ayant été accordés en 1673. On remarque la présence de l'imposante maison de Timothée Roussel à droite.
Localisation du fort des Hurons aujourd'hui.

Source: Google earth et plan de Jean-Bourdon (1660)
Encadrés en bleu, la réserve d'Ailleboust et le fort des Hurons selon le plan de Jean_Bourdon de 1660. A noter que la chapelle_Champlain se trouvait dans le fort des Hurons, sur son coté ouest.
Notes:
(1) Roy, Pierre-Georges et al. L'île d'Orléans, Québec, Commission des monuments historiques, 1928, p. 30
(2) Trudel, Marcel, Le Québec de 1663, Québec, Société historique de Québec, 1972, no. 4, p. 15
(3) Québec, Commission de toponymie du Québec. La toponymie des Hurons-Wendats, Dossier toponymique no. 28, Québec, 55 p.
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