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 Résidences de Martin Boutet (1617-1686),  professeur de mathématiques et maître de chapelle (1).

    Le personnage de Martin Boutet est important, car son école située près du fort des Hurons, a été longtemps confondue avec la chapelle_Champlain (E. Mayrand 1898, P.B Casgrain 1909, Dumas, 1957). La vie de cet homme est intimement liée à la Fabrique_Notre_Dame_de_Québec ainsi qu'au Collège des Jésuites.

    Martin Boutet reçoit de la Fabrique, le 1er septembre 1651,   une maison pour ses fonctions de Clerc de la paroisse. 

                                                   Contrat entre la Fabrique et Martin Boutet (Collection Faribault no. P29/083A)

 Il s'occupait de la vente des bancs.  Honorius Provost dans son livre sur la Censive Notre_Dame_de_Québec (2),  explique:

    Hélène Desportes (3)  (1620-1675), femme de Guillaume Hébert, est le premier enfant blanc né au pays. Le 27 décembre 1639, devant le notaire Piraube, elle épouse en secondes noces, Noël Morin (1616-1680).  Celle-ci déclarait alors avoir la jouissance d'une maison en bois située près de l'Eglise Notre_Dame_de_Recouvrance. En 1648, le Conseil de Québec et la Fabrique achetaient la cabane en bois  de Noël Morin pour le compte de Martin Boutet, maître de chapelle et chef de la chorale paroissiale.

Honorius Provost nous parle du bénéficiaire de la transaction:

        "Sur le dos de cet extrait, est écrit de la main du Père Jérôme Lallemant, supérieur des Jésuites: Papier concernant la maison du Clerc et de l'Eglise ou des enfans et Officiers de Choeur... Extrait du registre du magasin, pour le payement de la maison du presbytère où est à présent St-Martin, c'est à dire Monsieur Martin Boutet dont le surnom était de Saint-Martin"    (2, p.14 ).

     Honorius Provost (2.5) décrit les bâtisses de Martin Boutet:

    " Sur cet emplacement se trouvaient deux maisons, dont l'une, en bois, n'était autre que celle citée plus haut, acquise par le Conseil de Québec au bénéfice de la Fabrique, et occupée par Martin Boutet en vertu d'une convention datée du 1er septembre 1651. La deuxième maison était de maçonnerie, ayant été bâtie par Boutet en 1649, et nous pourrions peut-être l'identifier avec la maison Vallée ou le Musée de cire actuel" (2, p. 20).   Entre 1649 et le 21 janvier 1652, Anne Gasnier, occupera cette maison. (3.5)

    Lucien Campeau (4) souligne qu'en 1651, Martin Boutet était responsable du pensionnat  du Collège des Jésuites.  Les Jésuites n'avaient pas de pensionnaires dans le collège proprement dit. Le pensionnat  était sans doute localisé près du fort des Hurons.

                            

                              Plan de Jean_Bourdon, 1660,  (détail)

       En  1661, le Père Joseph Antoine Poncet, curé,  demande à Madame d'Ailleboust (Barbe de Boullongne), de céder un morceau de terrain situé sur la réserve d'Ailleboust, sur lequel se trouve "une vieille cabane descorce" qui sert comme école de chant dirigée par Martin Boutet. Cette cession est confirmée par une lettre de Madame d'Ailleboust à Monseigneur de Laval, le 16 septembre 1661. (5)

                                                   Copie de la lettre de Mme d'Ailleboust (Collection Faribault no.P29/083B)

    L'édifice en bois d'écorce, construit peut-être par les Hurons est situé près de leur fort sur le plan de Jean_Bourdon de 1660. Silvio Dumas y situait au même endroit la chapelle_Champlain. Cette confusion est causée par l'absence de la chapelle_Champlain sur le plan de 1660, cette dernière étant peut-être intégrée dans le fort_des_Hurons,  détruit en 1668 (6). 

Ainsi, seules deux bâtisses se trouvent dans la réserve d'Ailleboust en 1660: la maison de Jean Jobin et le pensionnat de Martin Boutet.

En janvier 1673, la Fabrique_Notre_Dame ratifie l'achat de son terrain acquis en 1650 (7).

Notes:

(1) Martin Boutet de Saint-Martin est maître de chapelle, violoniste, professeur, soldat, tailleur, menuisier (Sceaux, France, v. 1617 - Québec, v. 1686). Après s'être engagé, le 7 avril 1643 à La Rochelle, à aller servir au Canada pour trois ans comme soldat et manoeuvre, il élut domicile à Québec vers 1645. Il ne quitta cette ville que pour un séjour en France (1677). Jusqu'à la mort de sa femme (entre 1661 et 1664), il semble avoir été attaché à la garnison du fort Saint-Louis; il se « donna » ensuite aux Jésuites, agissant à titre de procureur. Inaugurant au même moment un cours de mathématiques au collège des Jésuites, il cumula les titres de professeur d'arpentage, d'hydrographie et de pilotage, qui lui valurent un brevet d'ingénieur (1678) décerné par Louis XIV. Artiste autant qu'ingénieur et savant, Boutet fut amené à jouer un rôle non moins important sur le plan musical, particulièrement lors des cérémonies d'église. On sait qu'il joua du violon à la messe de Noël 1645 et à une noce célébrée la même année. Chantre et maître des enfants de choeur à l'église paroissiale de Québec à partir de 1651, il dut pourvoir d'office à l'enseignement de la lecture, de l'écriture, du plain-chant et des cérémonies du culte. Il fournit même l'argent nécessaire à l'achat de cahiers de chant. On sait qu'un des deux enfants qu'il prit en charge à cette époque, Louis Jolliet, devint par la suite un des premiers organistes en Nouvelle-France. Il est vraisemblable qu'il ait pu être initié à l'orgue par Boutet. Charles-Amador Martin fut aussi un de ses élèves. Dès 1656, Boutet agit comme clerc de la Fabrique Notre-Dame de Québec. Les historiens n'ont pas manqué de souligner les services précieux rendus à la colonie naissante par ce laïc, premier maître d'école et de mathématiques, premier chantre séculier et premier maître de chapelle. En 1958, une place Boutet située dans l'est de Montréal fut nommée à sa mémoire.

source:  http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=Q1ARTQ0000396

(2) Provost, Honorius, La censive Notre-Dame de Québec, Québec, Société historique de Québec, no. 6, 1954,  32p.

(2.5)  Honorius Provost est né à Sainte-Marie de Beauce le 17 novembre 1909. Il a complété des études théologiques et est ordonné prêtre le 8 juillet 1934. Membre fondateur de la Société historique de Québec en 1937, de la Société historique de la Chaudière en 1945 et de l'Association des archivistes du Québec en 1967, il a oeuvré comme archiviste au Séminaire de Québec pendant plusieurs années.

Honorius Provost est l'auteur de nombreux ouvrages, que ce soit des articles ou des monographies, toutes magistrales, portant sur la Beauce et la ville de Québec. L'abbé Provost, considéré comme le premier historien spécialiste de la Beauce d'une notoriété certaine, est décédé le 19 juin 1997.

(3) Fille de Pierre Desportes et de Françoise Langlois, Hélène Desportes (1620-1675), qui voit le jour à Québec, serait le premier enfant de souche française né en Nouvelle-France. En 1634, elle épouse Guillaume Hébert, le seul fils de Louis Hébert et de Marie Rollet (voir Marie-Rollet ). Trois enfants naissent de ce mariage : Joseph, Françoise et un autre qui meurt en bas âge. Devenue veuve en 1639, elle convole avec le charron Noël Morin (1616-1680) qui devient l'un des pionniers de Montmagny. Leur fils Germain, un des premiers élèves du séminaire de Québec, ordonné par Mgr de Laval (voir De Laval ) en 1655, est le premier Français de la colonie élevé à la prêtrise. Un autre fils, Jean-Baptiste (1645-1694), est nommé au Conseil souverain. Leur fille Marie (1649-1730) se fait religieuse et devient supérieure de l'Hôtel-Dieu de Montréal; elle rédige les Annales de l'Hôtel-Dieu de Montréal. Hélène Desportes agira comme sage-femme auprès des femmes de Québec jusqu'en 1672, un savoir qu'elle transmettra à ses filles Françoise Hébert et Louise Morin.

 source http://www.ville.quebec.qc.ca/fr/ma_ville/toponymie/rues/desportes.shtml

(3.5)  Anne Gasnier épousera en secondes noces, le 21 août 1655, Jean Bourdon. Source: Niellon, Françoise, Pierre Nadon, Denis Faubert,  La recherche sur la sépulture de Samuel de Champlain: un examen critique, Québec, Division du Vieux-Québec et du patrimoine, 1990,  Appendice 1, document 13.

(4) Campeau, Lucien, La première mission des Jésuites en Nouvelle-France et  Les commencements du Collège de Québec,  Montréal,  Bellarmin, 1972, p. 84

(5) Provost, Honorius, "La réserve de M. d'Ailleboust à Québec", Bulletin des recherches historiques, Lévis, 1947, vol. 53, no.6, p.179 

(6) Lavoie, Carl,  Recherche multidisciplinaire sur la localisation du site de la chapelle_Champlain à Québec, 1999. Avec la participation de Paul Grimard, Georges Larouche et Maurice K. Séguin. Publié pour le mouvement Francité,  p. 24 et 26

(7) Myrand, Ernest, "La Chapelle_Champlain",  Bulletin des recherches historiques,  vol. 4. No. 11,  novembre 1898, p. 323

 

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